Vivre et survivre à mon époque me pousse tous les jours à lire les auteurs d'une... autre époque. L'ennui, la lourdeur, l'hypocrisie, la vulgarité et le mensonge contemporains m'ont donné envie, ce matin, de lire Barbey d'Aurevilly. Pourquoi lui? Pour son petit ouvrage, Du dandysme et de George Brummel. Il m'a semblé qu'en cette période (parlons des deux dernières semaines, en ce qui concerne ma vie professionnelle) où je n'ai cessé d'être le témoin de gestes particulièrement inélégants, il serait bon de lire un petit traité de l'élégance (ce qui ressort, en autre, de l'essai de Barbey d'Aurevilly).
Contrairement à ce que le commun des mortels s'imagine (quand le commun s'imagine...), l'élégance et le dandysme ne relèvent point d'une mode ou d'un accoutrement vestimentaire. Ça ne se lit pas à travers les simples apparences, mais relève plutôt, pour reprendre les mots de Barbey, «d'une manière d'être entièrement composé de nuances».
L'élégance implique que l'on ne se contente pas de répéter quelques idées à la mode, mantras vides comblant le vide de la pensée.
L'élégance implique que l'on fuit la vanité comme les adoubements et compliments des moutons en quête de berger.
L'élégance implique que l'art de se taire est tout aussi important que l'art d'écouter; l'art de se retirer, tout aussi important que l'art de se réjouir.
Les ambitieux et les querelleux, les dépendants et les drogués (de gloire, d'argent ou de reconnaissance...), les disciplinés et les obéissants, les ennuyeux et les moralistes, les prédicateurs et les religieux (des nouvelles technologies ou des anciennes âneries)... tout ceux-là sont rarement élégants.
Qui donc est élégant? Je ne pourrais répondre justement à cette interrogation, bien que j'ai quelques idées, mais je sais en revanche qu'il serait inélégant de s'étendre davantage sur la question. À défaut de s'exprimer par le langage des mots (et pour reprendre, justement, les mots de Barbey), je terminerai en disant qu'il faut chercher la réponse à travers «l'intonation, le regard, le geste, l'intention transparente, le silence même.» Je n'en dirai donc pas plus.
samedi 18 mai 2013
samedi 11 mai 2013
Médiocrité et politique
En matière de mensonge, c'est fou comme nos hommes politiques manquent terriblement d'imagination. C'est d'ailleurs, ce qui, à mes yeux, en tant qu'acteurs de la scène publique, les rend si médiocres.
dimanche 5 mai 2013
Pendant ce temps à Percé...
Bien sûr l'actualité nous ramène toujours au dernier résultat du match de nos Canadiens qui disputent au moment où j'écris ces lignes leurs troisième match de série face aux Sénateurs d'Ottawa, mais cela ne doit pas nous faire oublier ce qui se dessine comme un autre affrontement des locaux provinciaux face au pouvoir fédéral d'Ottawa.
Après le projet de réforme d'assurance emploi qui affectera bien des personnes que je connais en Gaspésie, nos dirigeants fédéraux s'attaquent au symbole par excellence du tourisme gaspésien, sinon québécois, en fermant le quai de Percé.
Il y a l'art et la manière... ici, il n'y a aucune manière et le seul art que j'y vois est celui du mal. Alors si vous êtes comme moi, vous pouvez, en attendant de faire mieux, signer une pétition en ligne pour faire entendre votre indignation...
Pourquoi ce billet ce soir? Pour Michel, Lise, Émilien et combien d'autre à Percé, mon village d'adoption où bien des êtres aimés continuent d'hanter les lieux, à commencer par ma mère et mon oncle.
Après le projet de réforme d'assurance emploi qui affectera bien des personnes que je connais en Gaspésie, nos dirigeants fédéraux s'attaquent au symbole par excellence du tourisme gaspésien, sinon québécois, en fermant le quai de Percé.
Il y a l'art et la manière... ici, il n'y a aucune manière et le seul art que j'y vois est celui du mal. Alors si vous êtes comme moi, vous pouvez, en attendant de faire mieux, signer une pétition en ligne pour faire entendre votre indignation...
Pourquoi ce billet ce soir? Pour Michel, Lise, Émilien et combien d'autre à Percé, mon village d'adoption où bien des êtres aimés continuent d'hanter les lieux, à commencer par ma mère et mon oncle.
mercredi 1 mai 2013
Cailloux
Comme des petits cailloux
semés sur le chemin parcouru (où par ailleurs, je ne demande pas mieux que de
me perdre, pour reprendre le vers de Mallarmé que j'aimerais voir sur ma
tombe), voici donc deux cailloux, pardon, deux citations qui ont eu l'heur de
me plaire ces dernières semaines...
***
«La vie humaine est limitée,
le savoir est illimité. Qui subordonne sa vie limitée à la poursuite du savoir
illimité va à l'épuisement»
Zhuangzi (369-286 av. J.-C.)
***
«La fidélité en amour n’est
que la paresse du désir.»
Henri de Régnier (1864-1936),
cité par Roland Jaccard
***
Puisque j’en suis arrivé à ne
penser et m’exprimer qu’avec les mots des autres (en a-t-il jamais été
autrement ?), je rajoute ce matin deux citations d’une auteure inconnue il
y a quelques heures à peine et qui me l’est moins depuis le même temps :
Marie de Gournay (1565-1645), que les amateurs de Montaigne connaissent comme
sa «fille d’alliance», a écrit de bien jolie façon sur son maître, deux
réflexions que je reproduis ici :
« Quand un homme est
assez généreux pour vouloir à sa mort que personne ne soit triste, il est de
ceux qui laissent leurs proches inconsolables. »
Et celle-ci : «Ses compagnons enseignent la
sagesse, il désenseigne la sottise»
lundi 29 avril 2013
En page 27, colonne de gauche
J'évite autant que faire se peut les lectures insignifiantes ou les traités de propagande, c'est pourquoi je ne lis pas trop les grands quotidien de ma ville, fussent-ils les plus grands quotidien français d'Amérique. Mais comme il arrive que je me retrouve parfois au café sans avoir apporter mon exemplaire des nouvelles de Kenneth Cook ou de Matthew Firth (je vous reparlerai un de ces jours de ces deux auteurs), il se trouve donc que je jette parfois un œil dans les journaux, ailleurs que dans les pages sportives.
L'autre jour j'ai lu, en page 27, colonne de gauche, ce court entrefilet qui nous apprend que sur les 166 détenus de Guantanamo, 97 (ou 130, le chiffre varie) prisonniers poursuivent une grève de la faim, et que 19 (un chiffre record, dit la dépêche) seraient alimentés de force.
Guantanamo, on s'en souvient, c'est cette prison que le nouveau président américain déclara, lors des premières heures de sa présidence, vouloir fermer. C'était en 2008. Et depuis, les affaires continuent. Malgré les jugements relevant l'illégalité de la prison, malgré les cas de torture et le viol des libertés les plus élémentaires.
La dépêche avait au moins le soucis de nous rappeler que depuis 11 ans, les prisonniers sont détenus sans inculpation ni procès.
On est heureux de savoir que des puissants veillent sur la démocratie et la liberté partout au monde, et particulièrement là où leurs intérêts sont menacés. Mais ça, on le sait. C'est toujours en première page...
L'autre jour j'ai lu, en page 27, colonne de gauche, ce court entrefilet qui nous apprend que sur les 166 détenus de Guantanamo, 97 (ou 130, le chiffre varie) prisonniers poursuivent une grève de la faim, et que 19 (un chiffre record, dit la dépêche) seraient alimentés de force.
Guantanamo, on s'en souvient, c'est cette prison que le nouveau président américain déclara, lors des premières heures de sa présidence, vouloir fermer. C'était en 2008. Et depuis, les affaires continuent. Malgré les jugements relevant l'illégalité de la prison, malgré les cas de torture et le viol des libertés les plus élémentaires.
La dépêche avait au moins le soucis de nous rappeler que depuis 11 ans, les prisonniers sont détenus sans inculpation ni procès.
On est heureux de savoir que des puissants veillent sur la démocratie et la liberté partout au monde, et particulièrement là où leurs intérêts sont menacés. Mais ça, on le sait. C'est toujours en première page...
samedi 27 avril 2013
Henri Roorda
Découverte, au hasard de pérégrinations internetiennes, d'un auteur qui me plaît d'emblée et dont la philosophie pouvait se laisser résumer à ce plaisant «pessimisme joyeux» (que je revendiquerais volontiers si je m'en sentais à la hauteur).
Je vais dès que possible éplucher quelques librairies ou les rayons de la grande bibliothèque pour aller chercher quelques uns de ses livres... En attendant, allez vous promener sur la Grande Toile et découvrez cet auteur irrésistible...
Je voulais vous laisser un petit florilège de mes citations préférées, mais fidèle à une certaine éthique de la paresse, je répugne à l'idée de les transcrire et me dit que votre esprit curieux saura bien trouver et goûter les trouvailles de l'auteur qui ne manquait pas plus d'humour que je manque de courage.
dimanche 7 avril 2013
De retour, donc
Voici donc la dernière photo prise avant mon départ
Et voici la toute première prise après mon retour. On a beau vivre sur la même planète, ce n'est pas le même feeling... Les photos ont été prise à la même heure... à vingt-quatre heures de décalage.
À tous et aux autres, bon printemps.
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